16 mai 2026

Actualité

« Qualité rédactionnelle » au DNB et au BAC : Des propos bien hypocrites !

Après avoir fait publier une note de service au BO du 27 mars 2026 consacrée à la "Préparation des élèves aux exigences du DNB et des baccalauréats général et technologique à compter de la session 2026", Edouard Geffray a jeté un pavé dans la mare en annonçant que les notes du bac 2026 devront prendre en compte la « qualité rédactionnelle » des copies et que l’inspection générale travaillait sur un barème pour toutes les épreuves, « y compris les disciplines scientifiques, où l’orthographe n’était pas considérée comme prioritaire ». Et de conclure : « Les élèves qui rendent des copies mal rédigées ne peuvent pas avoir le bac. Ce serait leur mentir sur leur niveau ».

Des propos choquants à plus d’un titre. D’abord car ils laissent croire que les enseignantes s’accommoderaient des copies mal rédigées, ce qui est faux. Au collège comme au lycée nous continuons inlassablement de tout mettre en œuvre pour améliorer la qualité rédactionnelle des copies de nos élèves, bien conscient.es que la maîtrise de la langue est un enjeu pédagogique, scolaire, mais aussi démocratique.

Le plus grand obstacle à cette réussite n’est donc pas l’absence de volonté collective, comme le laisse entendre le ministre, mais la baisse continue des moyens alloués pour dédoubler les effectifs ou prendre les élèves en groupe réduits. Combien de classe de seconde ou de première ont perdu l’heure d’accompagnement personnalisé en français ? Combien ont perdu les demi-groupes dans cette matière ? Pléthore ! Le ministre s’est surtout bien hypocritement gardé de parler de l’impossibilité qu’il y a à aider les élèves à écrire correctement quand les classes à 35 élèves se généralisent en lycée, quand en collège on frise les 30.
En outre cette annonce bien tardive ne peut que renforcer l’inquiétude des élèves à quelques semaines de épreuves et mettre à mal leur sérénité à l’heure des derniers apprentissages et des révisions.

Ces propos au sujet du baccalauréat sont à mettre en relation avec ceux qu’E. Geffray a tenus à propos du DNB en affirmant qu’il était prêt à voir les résultats au brevet baisser de manière notable. Ils font aussi écho au projet de G. Attal de barrer la route du lycée aux collégiennes qui n’obtiendraient pas le brevet, projet dénoncé et abandonné notamment grâce à l’action du Snes-FSU.

En effet derrière cette communication autour de la qualité rédactionnelle, apparaît l’idée selon laquelle les élèves les moins performantes devraient quitter plus rapidement le système scolaire, sans doute pour rejoindre l’apprentissage, compromettant toute possibilité de poursuivre d’autres études. Ce serait tourner le dos à la démocratisation des collèges et des lycées, à l’ambition de conduire toute une classe d’âge au baccalauréat. Ce serait un retour en arrière considérable.

« Refuser le fatalisme ou le sentiment d’impuissance face aux inégalités et à la grande difficulté scolaire », comme le dit le ministre, ce n’est pas faire le choix d’une école qui exclut, mais au contraire celui d’une société qui consacre les moyens nécessaires à la réussite scolaire de toutes et tous.