13 septembre 2026

Les personnels

CFA Centre de Formation par Apprentissage, la grande désillusion !

Le SNES-FSU dénonce depuis huit ans la réforme ayant libéralisé les formations en apprentissage et qui attribue des financements publics à de nombreux organismes privés de formation en apprentissage, voire à des entreprises proposant leurs propres formations, sans que la qualité de ces parcours soit toujours vérifiée, et surtout au détriment du système public d’éducation et de formation continue, notamment les formations initiales ou en alternance sous statut scolaire et les GRETA.

Mais cette manne distribuée sans contrôle a priori est en passe de diminuer : le premier ministre Sébastien Lecornu aborde le sujet de l’apprentissage dans un courrier aux entreprises en déclarant la volonté du gouvernement « d’assainir son financement ». Il fallait rapprocher certaines prises en charge des coûts réellement supportés, corriger des effets d’aubaine, mieux cibler les financements et lutter contre les abus « Il reconnaît donc que ce système de financement a bien bénéficié à des profiteurs qui y ont vu une opportunité de capter des fonds publics, dérive contre laquelle le SNES-FSU avait pourtant immédiatement mis en garde le gouvernement à l’époque de la réforme. Pour l’État, le coût de l’apprentissage est passé de 6 milliards en 2018 à près de 23 milliards. Dans un rapport de 2025, l’OCDE a expliqué qu’en dépit des sommes investies, l’apprentissage n’avait pas permis de former plus de jeunes en France. » Un pognon de dingue" pour une efficacité nulle pour l’État.
Vous trouverez les nouveaux niveaux de prise en charge des contrats d’apprentissage conclus à compter du 1er septembre 2026 dans le décret n° 2026-832 du 29 août 2026 et le référentiel actualisé publié par France Compétences.
Même si par ailleurs le premier ministre promet de ne pas baisser davantage le financement des CFA ni l’aide à l’embauche des apprentis en 2027 (SIC !), il n’évoque pas la pérennisation du caractère non-imposable de la rémunération des apprentis au delà du SMIC, un sujet qui fâche, par crainte d’une moindre attractivité de ce statut d’apprenti pour les foyers les plus modestes qui pourraient devenir imposables ou voir augmenter leurs impôts, et donc se détourner de ce type de formation. Comment l’Éducation Nationale et les formations du supérieur accueilleront-elles des élèves et étudiant.es refoulé.es de l’apprentissage par manque d’offres après la saignée qu’elles ont subi ces dernières années, alors que nombre de formations du supérieur, de BTS et de filières professionnelles en LP ont, dans le meilleur des cas, vu leur capacité d’accueil réduite, voire ont été fermées ? En juin, 2026, 160 000 bacheliers étaient sans solution de formation à l’issue de la 1re phase de Parcoursup. Le pari de l’apprentissage à tout-va semble en perdition, mais ce sont surtout nos jeunes qui ont gros à perdre après cette période de sacrifice des services publics d’éducation et de formation au profit d’organismes privés notamment.
Fin avril 2026, la France comptait 984 200 personnes en contrat d’apprentissage, soit une baisse de 3,6 % sur un an, et il est fort à parier que les annonces de cette rentrée impacteront encore plus l’apprentissage.
Le financement vers les Régions
Le premier ministre n’évoque pas non plus dans son adresse la suppression des dotations aux Régions, alors qu’un décret gouvernemental en date du 28 mai 2026 baisse les dotations de l’État aux régions pour assurer le fonctionnement et l’investissement des CFA de 134 à 33 millions d’euros. Après des années où l’État et la Région Hauts-de-France ont abreuvé de financements les CFA privés, leur existence pourrait être remise en cause et certains CFA crient au loup avant même d’en subir les conséquences. A ce titre, la prise de parole du vice président de la région en charge des questions d’apprentissage interroge quand, dans un article de presse locale, la photo illustrant ses propos le met à côté du vice président de la région en charge des lycées (publics et privés) qui est aussi le président de la CMA (Chambre des Métiers et de l’Artisanat) un des principaux bénéficiaires de la politique de l’apprentissage.
Rappelons que les CFA ont bénéficié de financement pour leur fonctionnement mais aussi pour leurs bâtiments.
La région Hauts de France a versé 64 millions en 3 ans pour accompagner l’apprentissage et de son côté, l’État donnait 30 millions par an ! L’an prochain seulement 3 millions sont prévus, l’année suivante zéro. Le modèle économique des CFA est remis en cause et signe la fin des vaches grasses. Cela va aussi avoir un impact sur les GRETA de l’Éducation nationale qui sont à la peine financièrement, la demande régionale en formations dans ces structures ayant fortement baissé l’an dernier.
Cependant, Le SNES-FSU ne peut qu’être satisfait de la baisse du financement d’organismes privés de formation qui pompaient de nombreux crédits de l’État et de la région. Les sommes investies par la région pour les CFA privés ne l’ont pas été pour les lycées de notre région qui sont beaucoup dans un état lamentables, contrairement à de nombreux CFA privés flambant neufs.
Le SNES-FSU continue de défendre une formation professionnelle et une formation continue pour adultes publiques, sous statut scolaire ou dans les GRETA. Les représentant.es de la FSU qui siègent dans la Formation Spécialisée en Santé, Sécurité et Conditions de Travail ont pointé les dysfonctionnements et les difficultés des GRETA de la Région Hauts de France. Des préconisations sont émises pour améliorer les conditions d’exercice des personnels et la santé financière des GRETA visités, mais elles ne sauraient suffire si le financement public ne revient pas à la hauteur des besoins des GRETA et des formations professionnelles sous statut scolaire en lycées.
Pour défendre l’avenir des GRETA et des formations sous statut scolaire, rejoignez le SNES-FSU, et votez FSU lors des élections professionnelles ! https://www.snes.

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