5 juin 2026

Les personnels

AUDIENCE AED DU MARDI 2 JUIN : Compte rendu et interventions du SNES FSU

À l’appel de toute l’intersyndicale des collèges et des lycées, les vies scolaires ont été fortement mobilisées ce mardi 2 juin par la grève notamment.
Au niveau académique, l’intersyndicale éducation a sollicité auprès du rectorat une audience dans le cadre de cette journée d’action.

L’intersyndicale SNES FSU - FO - UNSA a pu être reçue à 15h (les autres organisations syndicales n’ont pas formulées le souhait d’être reçues).

Dès ses propos liminaires le SNES FSU a rappelé :

- l’urgence salariale pour la catégorie : les AED sont actuellement assignés au SMIC à vie. La situation est scandaleuse compte tenu de l’engagement des personnels pour le service public.
- l’urgence d’une grille de rémunération : alors que la loi prévoit une grille de rémunération pour la catégorie, le ministère a bloqué toute discussion sur le sujet, faute de budget prévu dans le cadre de la loi de finance 2026. Inacceptable : nous exigeons la mise en œuvre- urgente d’une grille de rémunération nationale avec effet rétroactif.
- l’urgence sur les conditions de travail : elles ne cessent de se dégrader. Ce ne sont pas les suppressions de postes imposées pour la rentrée scolaire qui permettront d’améliorer celles ci.
- l’urgence sur les conditions d’emploi : conséquences des politiques d’austérité, et du manque de cadrage de la mise en œuvre de la CDIsation, les AED peinent à accéder au CDI au bout de 6 ans. Chaque année, le SNES FSU est sollicité par un grand nombre de personnels qui se voient privés de CDI pour des motifs tout simplement « douteux » sans lien avec l’engagement professionnel de l’agent. Pire encore, pour ne pas avoir à se confronter à la question de la CDIsation, de plus en plus d’établissement bloquent les renouvellement de contrat avant la 6e, voir même imposent des baisses de quotité de service pour décourager les collègues. Le SNES FSU a rappelé son exigence : à savoir que les refus de renouvellement ou de CDIsation puissent faire l’objet d’un recours et d’un examen en CCP.
- le besoin de reconnaissance d’une catégorie mise en première ligne sur le terrain et qui est bien souvent mal considérée !

Par ailleurs, le SNES FSU a profité de cette rencontre pour interroger les services sur :

- le guide AED : à la demande du SNES FSU, le rectorat avait ouvert des discussions sur la création d’un guide AED à destination des personnels (AED, CPE et personnels de direction) qui devait permettre de rappeler le cadre, les obligations et les droits des AED. Ce guide devient urgent, car nous constatons, du fait d’une méconnaissance, des difficultés dans l’accès aux droits (exemple : temps partiel de droit) des personnels.
- la formation : si une formation a pu être mise en œuvre à la demande du SNES FSU, nous regrettons les modalités de mise en œuvre qui ne permettent pas aux agents de candidater auprès de l’EAFC.
- L’évaluation : si les textes prévoient bien la mise en œuvre d’une évaluation, qui devait accompagner celle de la grille de rémunération, les organisations syndicales ont eu la mauvaise surprise de voir le dispositif déployé dès cette année sans les mesures salariales ; Par ailleurs, alors qu’un premier GT avait été mis en place l’année dernière, l’administration s’était engagée à la tenue d’un second groupe de travail qui ne s’est jamais tenu. Le SNES FSU a par ailleurs rappelé que l’évaluation doit permettre de valoriser l’engagement des personnels, il ne doit pas être détourné pour justifier des non-renouvellemenst ou non-CDIsations pour lesquels les actuels employeurs peinent à trouver des arguments.

En réponse à nos interrogations : le rectorat s’est retranché derrière les (mauvaises) consignes du ministère concernant les questions salariales.

Il s’est toutefois engagé à ouvrir les discussions le plus rapidement possible, dès que le feu vert du ministère serait donné. Sur les questions de conditions de travail : l’administration prend note de l’alerte.

- Sur le climat scolaire et les moyens : l’administration se cache derrière l’argument de la crise démographique : la baisse prévue du nombre d’élèves justifierait une baisse des besoins d’encadrement en Vie Scolaire . Réponse inacceptable quant on sait que les dotations n’ont pas été abondées alors que les effectifs augmentaient, et alors qu’on surcharge les vies scolaires avec de nouvelles missions (Phare, santé mentale, etc).

 Concernant le CDI : le rectorat nous a confirmé n’avoir fixé aucun quota de CDI au sein des équipes d’AED et n’avoir délivrer aucune consigne visant à exclure des personnels du dispositif. L’administration rappelle que le cadre règlementaire donne la priorité aux aux étudiants au moment du recrutement, et qu’en ce sens, il ne sera pas possible à terme de CDIser tout le monde. Actuellement, 21à 22% des AED seraient en CDI et 10% des AED CDIsés depuis 3 ans auraient démissionné. Toutefois, conscients de la problématique et suite à nos alertes, une nouvelle procédure devrait voir le jour dès cette année et les nouvelles instructions seront données aux établissements dès la semaine prochaine. Désormais, les demandes de CDI feront obligatoirement l’objet d’un examen par l’autorité académique (qui emploie les AED en CDI). Aussi, il n’appartiendra plus aux seuls chefs d’établissements de décider ou non de la CDIsation d’un agent. Aussi, le chef d’établissement rendra bien un avis mais la décision finale reviendra à l’autorité académique. Le SNES FSU a demandé à être destinataire de ce process et sera vigilant quant à sa mise œuvre.

 Concernant le GUIDE AED : celui ci doit de nouveau être mis à jour avant communication, suite au nouveau cadre de gestion publié cette année par le ministère. Le rectorat s’engage à relancer un groupe de travail sur le sujet.

 Concernant l’évaluation : l’administration s’est engagée à la tenue d’un Groupe de Travail au premier trimestre pour faire le bilan de cette première campagne et revoir si besoin les procédures.

 Formation des AED : une communication sera faite à destination des AED pour leur permettre aux personnels de candidater directement sur les formations existantes, sans besoin d’être sollicités par leurs supérieurs hiérarchiques( et non plus sur la seule sollicitation du chef d’établissement ou des CPE). Il s’agit de garantir le droit à la formation continue. Le SNES FSU en a profité pour alerter l’administration sur le manque d’information à destination des AED concernant les préparations aux concours internes organisées par l’Ecole Académique de la Formation Continue, mais également pour demander une meilleure valorisation des compétences développées dans le cadre de la Validation des Acquis d’Expérience professionnelle (VAE).

 Sur les question RH : une formation à destination des néo-chefs d’établissements doit être déployée. Une formation à destination des CPE doit également être examinée.

 Sur la mobilité des AED CDIsé.es : le rectorat s’est félicité de la mise en oeuvre de ce dispositif, renouvelé au mois de juin. Nous lui avons rappelé que ce dispositif qi n’existe que dans l’académie, avait été mis en œuvre à l’initiative du SNES-FSU)

Si l’audience a permis d’ouvrir les discussions sur un grand nombre de sujet important pour la catégorie, les réponses demeurent insuffisantes.

La colère des AED doit être entendue : le ministère et les rectorats doivent répondre d’urgence aux revendications sur les moyens et les salaires !

Nous ne pouvons plus supporter l’arbitraire des décisions d’établissement concernant les renouvellements et la CDIsation. Si votre direction vous a notifié un refus de CDI, saisissez le SNES FSU pour interpeller le rectorat dans le cadre de la nouvelle procédure.

Le SNES FSU continuera d’interpeller l’administration sur les conditions d’emploi, de travail et de rémunération des AED.

La journée du 2 juin doit être la première étape d’une mobilisation qui puisse s’inscrire dans la durée pour défendre les AED.