20 septembre 2026

Les personnels

GT AESH du 15 septembre : des annonces ... mais encore de nombreuses questions !

GT AESH du 15 septembre : des annonces ... mais encore de nombreuses questions !

Le groupe de travail sur les conditions de travail des AESH s’est réuni le 15 septembre 2026 au Rectorat de Lille en présence du SAGERE. Cette réunion a permis de faire le point sur les effectifs, les PIAL, la mobilité des personnels, le guide AESH, les missions, les conditions de travail, les frais de déplacement ainsi que sur le dossier de la rétroactivité des indemnités REP/REP+.

Pour le SNES-FSU, si l’administration met en avant l’augmentation du nombre d’AESH, de nombreuses questions restent posées quant aux conditions de travail, à la reconnaissance professionnelle et aux moyens réellement accordés à l’École inclusive. Le SNES-FSU a défendu de meilleurs conditions de travail et a eu l’occasion de soulever toutes les problèmes rencontrés par les AESH en cette rentrée 2026 dans l’académie de Lille.

Plus de 10 000 AESH dans l’académie
L’académie compte aujourd’hui 10 766 AESH et 105 APSH. En nombre, les AESH sont le second corps de personnels de l’Education natio-nale après les enseignants. Les femmes représentent 94,77 % des effectifs contre 5,23 % d’hommes.
La moyenne d’âge est de 45 ans, avec un rajeunissement à venir des personnels consécutif notamment aux départs en retraite.
Concernant le statut, 82,32 % des AESH sont en CDI et 17,68 % en CDD. La quotité moyenne de travail s’établit à 63 %.
L’académie compte également 192 PIAL, dont 117 dans le Pas-de-Calais et 75 dans le Nord. 155 PIAL relèvent du secteur public et 37 du secteur privé.
Le SNES-FSU a de nouveau signalé que si les AESH reste le second corps de l’Education nationale après les enseignants, il reste un corps de métier précaire et mal rémunéré. Il a de nouveau indiqué que la grille indiciaire trop basse et non-revalorisée ne permet pas de vivre décemment de son métier d’AESH.

Des moyens supplémentaires annoncés
Le rectorat annonce une enveloppe de 86 ETP (équivalent temps plein) supplémentaires dédiés à l’académie de Lille en cette rentrée 2026 correspondant à 104 nouveaux AESH recrutés (contrat de 24h). Parmi les 86 ETP, 11 sont dédiés au périscolaire.
Le fonctionnement des PIAL, quant à lui, reste inchangé.
Selon l’administration, cette augmentation du nombre d’AESH, conjuguée à une baisse du nombre de notifications, devrait permettre de réduire le nombre d’élèves accompagnés par chaque AESH. Mais le rectorat n’a pas fourni d’informations concernant le nombre moyen d’élèves suivis par un ou une AESH !
Le SNES-FSU restera particulièrement vigilants sur ce point. L’arrivée de nouveaux personnels ne doit pas seulement se traduire par des chiffres supplémentaires : elle doit permettre une réelle amélioration des conditions d’accompagnement et des conditions de travail.

Turn-over : un phénomène qui doit interroger l’administration
Le taux de démission annoncé est de 3 %, sachant que ce chiffre englobe l’ensemble des départs : démissions, départs en retraite, réus-sites aux concours, etc. Ce taux est plus élevé dans le Nord (4,4%) que dans le Pas-de-Calais (2,5%).
Le turn-over est particulièrement marqué sur les secteurs de Lille, Roubaix et Tourcoing.
L’administration souligne également que, depuis sept ans, le salaire des AESH serait celui qui aurait le plus augmenté dans la fonction pu-blique. Le SNES-FSU a rappelé que l’indice équivalent au SMIC dans la fonction publique est de 366 et que les AESH sont recrutés à l’indice 371, les 5 points d’indice au dessus du SMIC ne permettent de considérer que les AESH soient bien rémunérés alors même qu’ils et elles sont en temps partiel imposés (une grosse majorité étant en contrat 24h).
Cette présentation ne doit cependant pas faire oublier la réalité des personnels : les AESH restent majoritairement employés à temps incomplet et beaucoup ne disposent pas d’une rémunération leur permettant de vivre correctement de leur métier.
Une augmentation salariale, aussi nécessaire soit-elle, ne peut donc pas suffire à régler la question de la précarité.
Le SNES-FSU revendique un statut de catégorie B de la fonction publique pour les AESH avec un équivalent temps plein de 24h, seul moyen de sortir de la précarité. Le SNES-FSU revendique une augmentation immédiate des salaires pour toutes et tous sans contre-partie et ré-clame une prime carburant immédiate (possible dans le privé mais pas en place dans la fonction publique) afin de soulager immédiatement les plus précaires.

Mobilité inter-PIAL : une priorité supplémentaire demandée
Cette année, 365 demandes de mobilité inter-PIAL ont été enregistrées. Le taux de satisfaction s’élève à 77 %, avec 82 demandes non ac-cordées..
Les critères actuellement retenus par ordre de priorité sont :
• le handicap ;
• l’ancienneté ;
• le périmètre (distance entre le domicile et le PIAL) ;
• le déménagement lié au rapprochement de conjoint.

Le SNES-FSU a demandé qu’un nouveau critère de priorité puisse être ajouté afin de prendre en compte les AESH qui demandent depuis plusieurs années un changement de PIAL.(sur le principe d’un vœu préférentiel). Le SAGERE nous indique déjà regardé si les demandes sont renouvelées d’une année sur l’autre. Cette situation doit être reconnue. Un AESH qui renouvelle sa demande année après année doit pouvoir voir sa situation prise en compte dans les critères de mobilité.
Le SNES-FSU, en revendiquant un statut de catégorie B pour les AESH, revendique donc un vrai système de mutations pour les AESH avec des bonifications liées à leur situation personnelle, seul garant de l’équité de traitement entre les demandes.

Guide AESH : les personnels doivent être les premiers informés
Une première version du guide AESH avait été diffusée avant l’été. Pourtant, tous les PIAL ne l’ont pas transmis aux personnels.
Cette situation est problématique : les AESH sont les premiers concernés par ce document et doivent pouvoir disposer de toutes les informations relatives à leurs missions et à leurs droits.
Après plusieurs corrections et ajouts suite au travail avec les organisations syndicales, une nouvelle version devrait être diffusée pour les vacances d’automne. Le site internet doit également être actualisé.
Le guide sera enrichi avec davantage d’exemples afin de mieux répondre aux situations rencontrées par les personnels.
Le SNES-FSU a également souligné l’importance d’organiser une réunion avec les pilotes et les coordonnateurs de PIAL afin de présenter le guide et d’assurer une information identique dans l’ensemble des PIAL. Le SNES-FSU a demandé à ce que ce guide soit envoyé à tous les AESH via leur adresse professionnelle.
Des missions qui doivent être clairement définies
La question de l’aide aux actes de la vie quotidienne continue de poser problème, notamment concernant l’accompagnement aux toilettes lorsque l’élève est adolescent.
Les personnels se retrouvent parfois face à des situations pour lesquelles les limites de leurs missions ne sont pas clairement définies.
Quels gestes relèvent des missions de l’AESH ? Lesquels relèvent du domaine médical ? Jusqu’où peut intervenir l’AESH en matière d’hygiène ?
L’administration reconnaît la complexité du sujet et indique qu’il n’existe pas, à ce jour, de modèle de réponse unique.
Pour le SNES-FSU, il est indispensable que les limites de compétence des AESH soient clairement définies et respectées. Les personnels ne peuvent pas être laissés seuls face à des situations qui peuvent engager leur responsabilité. Si vous êtes dans une situation délicate concernant ce sujet, contactez la section du SNES-FSU de Lille.

Élèves présentant des difficultés majeures de comportement
Concernant les élèves présentant des difficultés majeures de comportement, le message de l’administration est clair : un AESH ne doit en aucun cas intervenir seul. La prise en charge doit être collective et les situations de crise doivent être anticipées par l’ensemble de l’équipe. Le rectorat va réunir un groupe de travail pour formaliser cette prise en charge pour prévenir les crises et sécuriser les conditions d’exer-cice des AESH.
Le SNES-FSU partage ce principe : l’AESH n’est ni un personnel médical, ni un éducateur spécialisé, ni un personnel chargé à lui seul de gérer une crise. Néanmoins, formaliser la prise en charge de ces élèves sur la papier n’est pas suffisant. Pour le SNES-FSU, la question est bien celle des moyens déployés, les équipes doivent en effet disposer de moyens, de personnels formés et d’un véritable accompagne-ment institutionnel.
Les fiches RSST : des situations de travail qui doivent être prises au sérieux
Pour l’année 2025/2026, 21 fiches RSST ont été recensées. Elles concernent notamment :
• les agressions d’élèves ;
• les rapports sociaux et la reconnaissance au travail ;
• les incidences finanicières ;
• les déplacements dans le PIAL ;
• le respect des préconisations de la médecine de prévention ;
• les problèmes liés aux locaux,
• les conflits de valeurs autour de la laïcité.
Lorsqu’une fiche RSST concerne un agent, le SAGERE nous indique contacter le PIAL afin de rechercher une solution en interne, au niveau local.
Le SNES-FSU rappelle que le registre santé et sécurité au travail est un droit pour les personnels. Les AESH doivent pouvoir signaler leurs difficultés sans crainte et obtenir des réponses concrètes de la part de l’administration. Pour remplir une fiche RSST ou si votre fiche RSST n’a pas été à l’origine de réponse satisfaisante de la part de l’administration, contactez la section académique du SNES-FSU de Lille.

Frais de déplacement : une nouvelle procédure
Aucune modification n’est annoncée concernant les règles académiques de remboursement des frais de déplacement.
Les frais peuvent être pris en charge lorsque l’AESH intervient en dehors de sa résidence administrative (PIAL) ou de sa résidence person-nelle, conformément aux règles applicables.
Une nouvelle procédure numérique est mise en place pour effectuer les demandes d’OMP. L’objectif annoncé est de simplifier et de sécuriser les démarches. Des tutoriels sont proposés par l’administartion afin de compléter le document numérique.
Les déplacements effectués dans le cadre d’un ordre de mission académique seront remboursés.
Le SNES-FSU a demandé que le guide AESH intègre un QR code permettant d’accéder directement à cette nouvelle procédure.
Rétroactivité REP/REP+ : le dossier avance, mais reste encore à finaliser
Le dossier de la rétroactivité des indemnités REP/REP+ continue d’avancer.
Sur 1 102 demandes analysées :
• 2 demandes ne sont pas recevables ;
• 297 demandes restent incomplètes malgré les relances du SAGERE ;
• 803 protocoles ont été envoyés, pour un montant estimé de 2,53 millions d’euros.

Parmi ces 1 102 demandes, 579 protocoles ont été signés, contre seulement 2 refus de signature.
Le montant des indemnités et des intérêts déjà mis en paiement représente 1,96 million d’euros.
Afin d’accélérer le traitement des dossiers, 10 nouveaux gestionnaires de paie sont actuellement en formation.
Mais le SNES-FSU a souligné les inquiétudes des AESH concernant les conséquences de la signature. Plusieurs AESH s’interrogent sur les conséquences de la signature ou de la non-signature du protocole, notamment sur les éventuelles répercussions concernant les impôts, la CAF ou d’autres prestations. Le SAGERE indique ne rien pouvoir faire concernant la suppression de certaines primes...alors que ces interrogations doivent être entendues.

AESH : formation et protection des personnels
En 2025-2026, 1 633 AESH sont concernés par la formation d’adaptation à l’emploi, organisée en trois étapes : 38 heures à distance sur Magistère, 15 heures en visioconférence avec les circonscriptions et 7 heures de formation PSC1.
Par ailleurs, 826 AESH bénéficient de formations proposées sur la base du volontariat, autour de 7 thématiques différentes.
Concernant la protection des personnels, 5 demandes de protection fonctionnelle ont été déposées par des AESH en 2025-2026 et les 5 ont été accordées. Ce nombre est en baisse par rapport à l’année précédente.
Depuis 2022, 28 AESH ont également fait appel au dispositif d’écoute et de signalement VHDA.
Pour notre syndicat, ces chiffres montrent l’importance de maintenir une formation accessible et adaptée aux réalités du terrain, mais également de garantir aux AESH une véritable protection et un accompagnement lorsqu’ils rencontrent des situations difficiles dans l’exercice de leurs missions.

Pour le SNES-FSU, les AESH doivent pouvoir bénéficier d’une information claire et précise sur les conséquences financières et adminis-tratives avant de prendre une décision.

Contactez la section académique du SNES-FSU de Lille pour toute question.
Un stage AESH est prévu le mardi 17 novembre.