28 juin 2011

Actualité

Conséquence des Fermetures de classe en Lycées Pro : des centaines d’élèves non affectés. Le droit à l’éducation pour tous est bafoué !

La rationalisation à la hache des places vacantes en Lycée Professionnel a pour conséquence une augmentation brutale du nombre d’élèves non affectés.
C’est deux à trois fois plus d’élèves que les années précédentes qui se retrouvent sans établissement. Entre les circulaires tardives et les pannes informatiques, les établissements ont bien du mal à saisir les vœux des élèves sur les quelques places restées vacantes avant le deuxième tour de l’affectation automatisée du premier juillet. Les équipes des CIO ne peuvent pas faire de miracle quand il y a moins de places que d’élèves.

La relation de confiance entre l’Institution et les usagers semble brisée. Cela se traduit par de l’incompréhension, de la colère, chez les parents et parfois de la violence chez les jeunes. C’est dommage car l’affectation informatisée pourrait offrir une garantie d’équité du traitement à condition que le fonctionnement et les critères de sélection soient réellement transparents et compréhensibles à toutes les étapes. Le rectorat de Lille semble devoir progresser sur ce point.

Dans certains districts c’est 200 élèves non affectés qu’il faut caser sur une cinquantaine de places vacantes : impossible. Que faire alors avec les élèves non affectés de moins de seize ans encore sous obligation scolaire ? Que faire sinon proposer aux élèves de redoubler, ou proposer des places dans des établissements éloignés parfois de centaine de kilomètres obligeant les familles à assumer des frais de transport et d’internat non prévus ? Les élèves à qui on vante les mérites d’une orientation progressive depuis la cinquième dans le cadre du parcours de découverte des métiers et des formations doivent se sentir bien peu respectés dans leurs souhaits. Aujourd’hui ils n’ont même pas la garantie de trouver une place au second tour. Le problème est d’autant plus aigu pour les filles dans la voie professionnelle, auxquelles on propose d’entrer dans la filière
industrielle, sans l’avoir choisie au départ, sous peine de se retrouver
déscolarisées. Le problème est aigu également pour les élèves, souvent les plus en difficulté, demandant à entrer en CAP.Faute de place, ils vont être contraints d’accepter de s’engager dans un parcours de bac pro en trois ans qui peut leur apparaître décourageant. Ces élèves ne vont-ils pas grossir les rangs des futurs décrocheurs ?

Pour lutter contre le décrochage il faut commencer par accueillir les élèves à l’école et ne pas leur refuser l’entrée.
L’orientation scolaire et professionnelle pour ce gouvernement ne consiste qu’à former de la main d’œuvre au rabais en dépensant le moins possible. Les jeunes sans établissement sont renvoyés vers l’apprentissage, solution trompe l’œil qui fonctionne au gré de la conjoncture et selon les humeurs du patronat.

Le SNES-FSU, le SNEP-FSU, le SNUEP-FSU exigent l’ouverture de classes supplémentaires pour accueillir tous les élèves à la rentrée. En particulier dans les sections qui connaissent le plus de demandes en premier vœu. En dépit des discours ,tout semble être fait pour diminuer le nombre d’élèves en voie professionnelle. Une mobilisation des équipes, des parents et des élèves peut encore faire reculer cette offensive contre l’école et la jeunesse.

Il faut faire respecter le droit à l’éducation pour tous les élèves !